La décision récente du gouvernement de baisser le taux du livret m'étonne assez. Ca démontre une fois encore le manque d'homogéneité de la politique économique qui est menée. D'un côté, on veut
augmenter les investissement et de l'autre on baisse les taux d'intérêts ce qui baisse en théorie l'épargne déposée dans les banques et donc les investissements.
Il y a donc deux incohérences:
- En baissant les taux, on risque de baisser les dépôts dans les banques alors qu'elles manquent actuellement de liquidité, ce qui pourrait aggraver leur situation et les incitera à augmentera le
taux des emprunts
- Ensuite, selon la théorie libérale, le taux d'investissement est lié au taux d'épargne (I=S) Ainsi, en baissant les taux d'épargne, on risque de faire baisser l'épargne et les banques auront
moins tendance à prêter ou alors à des taux plus élévés afin de maintenir leur ratio à des niveaux tolérables et légaux, ce qui baissera donc l'investissement.
L'effet positif attendu, selon les théories économiques, est une relance de la consommation. Si les ménages épargnent moins, ils vont donc consommer plus. Mais la situation actuelle est plutôt
favorable à la prudence et l'effet positif sur la consommation et donc indirectement sur l'investissement (selon la théorie Keynesienne) est loin d'être gagné.
Je trouve que l'écart entre ce qu'une banque est prête à nous donner pour garder de l'argent contre ce qu'elle demande pour en prêter est de plus en plus grand. C'est quand même fou, que je laisse
de l'argent à une banque pour 2,5% par an, alors qu'ensuite elle le reprête à des taux toujours plus élévés.
Ainsi, dans ce contexte, je pense qu'on va assister à une désintermédiation des acteurs traditionnels de la finance. Il y a de plus en plus de sites sur Internet qui favorisent le prêt de
particulier à particulier, ou de particulier à entreprise. Ces nouveaux acteurs selon moi vont se renforcer, et affaibliront d'autant le système bancaire actuel. Par contre, il peut s'agir d'une
bonne opportunité pour les ménages et les entreprises françaises, les premiers seront mieux payés et les seconds devront moins payer...
Et au niveau des politiques économiques, cette décision est totalement contradictoire, je me demande qu'elle en sera l'effet? Au niveau politique, ca donnera peut être plus d'écho au plan de
relance proposé par le PS qui pour sa part est principalement Keynesien mais qui a l'avantage d'être cohérent. D'autant plus, que les Etats Unis et l'Allemagne ont opté pour un plan de relance de
la Demande, même s'il est vrai que la situation de leur structure n'est pas la même que chez nous.
Je trouve que certaines décisions du plan de relance de N. Sarkozy étaient pertinentes (dont celle du remboursement anticipé de la dette de l'état envers les entreprises), mais que s'enteter à
maintenir le bouclier fiscal est une grave erreur alors qu'on pourrait mener une "policy mix" avec cet argent, en soutenant d'une part l'offre (incitation à l'investissement) et d'autre part la
demande (incitation à la consommation en aidant les bas revenus).
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