Lundi 19 janvier 2009
La décision récente du gouvernement de baisser le taux du livret m'étonne assez. Ca démontre une fois encore le manque d'homogéneité de la politique économique qui est menée. D'un côté, on veut augmenter les investissement et de l'autre on baisse les taux d'intérêts ce qui baisse en théorie l'épargne déposée dans les banques et donc les investissements.

Il y a donc deux incohérences:
- En baissant les taux, on risque de baisser les dépôts dans les banques alors qu'elles manquent actuellement de liquidité, ce qui pourrait aggraver leur situation et les incitera à augmentera le taux des emprunts
- Ensuite, selon la théorie libérale, le taux d'investissement est lié au taux d'épargne (I=S) Ainsi, en baissant les taux d'épargne, on risque de faire baisser l'épargne et les banques auront moins tendance à prêter ou alors à des taux plus élévés afin de maintenir leur ratio à des niveaux tolérables et légaux, ce qui baissera donc l'investissement.

L'effet positif attendu, selon les théories économiques, est une relance de la consommation. Si les ménages épargnent moins, ils vont donc consommer plus. Mais la situation actuelle est plutôt favorable à la prudence et l'effet positif sur la consommation et donc indirectement sur l'investissement (selon la théorie Keynesienne) est loin d'être gagné.
Je trouve que l'écart entre ce qu'une banque est prête à nous donner pour garder de l'argent contre ce qu'elle demande pour en prêter est de plus en plus grand. C'est quand même fou, que je laisse de l'argent à une banque pour 2,5% par an, alors qu'ensuite elle le reprête à des taux toujours plus élévés.
Ainsi, dans ce contexte, je pense qu'on va assister à une désintermédiation des acteurs traditionnels de la finance. Il y a de plus en plus de sites sur Internet qui favorisent le prêt de particulier à particulier, ou de particulier à entreprise. Ces nouveaux acteurs selon moi vont se renforcer, et affaibliront d'autant le système bancaire actuel. Par contre, il peut s'agir d'une bonne opportunité pour les ménages et les entreprises françaises, les premiers seront mieux payés et les seconds devront moins payer...

Et au niveau des politiques économiques, cette décision est totalement contradictoire, je me demande qu'elle en sera l'effet? Au niveau politique, ca donnera peut être plus d'écho au plan de relance proposé par le PS qui pour sa part est principalement Keynesien mais qui a l'avantage d'être cohérent. D'autant plus, que les Etats Unis et l'Allemagne ont opté pour un plan de relance de la Demande, même s'il est vrai que la situation de leur structure n'est pas la même que chez nous.
Je trouve que certaines décisions du plan de relance de N. Sarkozy étaient pertinentes (dont celle du remboursement anticipé de la dette de l'état envers les entreprises), mais que s'enteter à maintenir le bouclier fiscal est une grave erreur alors qu'on pourrait mener une "policy mix" avec cet argent, en soutenant d'une part l'offre (incitation à l'investissement) et d'autre part la demande (incitation à la consommation en aidant les bas revenus).
Par lhentz - Communauté : Les blogs de Gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

je suis d'accord sur l''incohérence de la politique sarkoziste. Elle privilégie l'offre en incitant à l'investissement et laisse de coté la demande. Il n'est pas question d'augmenter le SMIC et les minima sociaux. L' ETAT devrait augmenter à 10 euros le taux horaire du SMIC net et à 500 euros le RMI ce qui aurait un effet sur la récession via la relance de la consommation. La diminution de la TVA à 15% serait également bienvenue. Hirsch préfère développer les contrats à temps partiel avec le RSA financé encore une fois par les classes moyennes. Les banques françaises, elles, reconstituent leurs marges avec des taux d'intéret d'emprunt de plus de 5% sur des crédits de 20 ans à taux fixe.
Commentaire n°1 posté par hertold29 le 25/01/2009 à 14h50
Bonjour, La politique de Sarkozy ne laisse pas réellement de côté la Demande, mais elle prouve une grande ignorance en matière économique. Il a mené deux actions en faveur de la demande: Le bouclier fiscal, en baissant les impôts des plus favorisés devaient contribuer à relancer en théorie la consommation, alors que le surplus de capital est épargné ou investit selon les opportunités internationales. Les lois sur l'allégement des 35h devaient aussi relancer le pouvoir d'achat, en permettant aux salariés de travailler plus, et en temps de crise cela fonctionne pas trop mal. Un certain nombre d'entreprise font travailler plus leurs employés, avec de faibles surcouts, ce qui leur permet de licencier à côté. Au final, cette loi a plus d'effet négatif que positif pour le moment. Pour la TVA, à la décharge de N. Sarkozy, son taux pour de nombreux secteurs se décide au niveau européen. La baisse de la TVA à 5,5% dans la restauration avait ainsi été bloquée. Bref, leur politique de la demande n'est pas du tout conforme à la réalité économique du pays. Au parti socialiste certaines propositions vont dans le bon sens, mais la question de la Dette de la France ne doit pas être oubliée! Et inciter à l'investissement n'est pas une mauvaise chose non plus, tant qu'on attribue une partie des ressources à ceux qui en ont besoin...
Commentaire n°2 posté par laurent le 26/01/2009 à 21h03

Publicité

Présentation

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus