Jeudi 15 janvier 2009
C'est un article, je pense, qui va être difficile à écrire. En vrai, il mériterait des pages et des pages avec des faits pour appuyer mes intuitions. Mais on est sur un blog, alors je vais me permettre l'inimageable dans d'autres circonstances, et je vais uniquement m'exprimer selon mon ressenti.

Car il s'agit bien là du nouveau paradigme sur lequel une société nouvelle semble se bâtir. Nous sommes en train selon moi de passer d'une société basée sur le rationalisme, avec des fondements scientifiques longtemps élévés comme vérité absolue, à une société empathique où l'homme revient au centre.

Nous réflechissons de plus en plus au "vivre ensemble", plutôt qu'à l'organisation sociale. En économie, "l'homo oeconimicus" vit probablement ses dernières heures dans les couloirs des facultés où il est remplacé par l'économie expérimentale basée sur la théorie des jeux. Nous entrons doucement mais certainement dans une économie de la collaboration, car il s'agit selon toute évidence du modèle économique le plus efficace.

Comme tout paradigme, il prend plusieurs générations à s'ancrer. Selon moi, il est né après la seconde guerre mondiale, et la construction européenne en est sa genèse voire son symbole. Pour la première fois de l'histoire de l'Humanité, des pays ont décidé de s'unir démocratiquement pour leur sécurité et la paix. Ils ont eu le courage de regarder au delà de leurs intérêts particuliers, grâce à quelques hommes d'exception que l'Histoire n'encense pas assez!

C'est ce même paradigme qui a animé les mouvements des années 60 et 70, avant que les réalités économiques ne le rattrappe. Les slogans scandés n'étaient alors que des idéaux perdus dans les vagues de la réalité. Mais aujourd'hui les choses changent, nous sommes proches du point de rupture. Notre manière d'aborder les problèmes est différentes, nous n'avons plus la même logique intelectuelle que nos parents. Avec Internet, nous partageons quotidiennement nos connaissances et nos volontés.

Je ne pense pas être le seul à me sentir en décalage par rapport aux positions et aux décisions de nos élites actuelles. C'est comme si deux mondes cohabitaient en ne parvenant plus à se rejoindre. Je ne me reconnais pas dans les discours de la gauche, de l'extrême gauche, du centre, de la droite ou de l'extrême droite. Les solutions proposées me semblent tellement absurdes comparées aux problèmes existants.

Pourtant, ils sont autant dans le vrai que moi dans le tort. Ce décalage s'explique par un changement de nos référentiels. Nos aînés veulent assurer à tout prix la puissance de notre état et une économie forte, alors que nous nous voulons avant tout une société plus égalitaire et ne laissant pas crever de faim les plus démunis.

Qui de la poule ou de l'oeuf? Un état riche assure t'il nécessairement l'égalité et la prospérité? Ou bien un pays devient il riche à partir du moment où son peuple est uni autour d'une cause commune? Et la richesse et la puissance peut elle être une fin en soi? Même notre ami Platon dirait que non!!!
Au final, la course vers la puissance et la richesse continuera t'elle à être un but en soi? Je ne pense pas, et c'est bien le fondement de ce nouveau paradigme que je pressens. Mais il est loin d'être un idéal, car il s'accompagne d'un puissant besoin de se différencier pour exister, et nos instincts primaux restent les mêmes. Notre façon de percevoir le monde va certes changer, selon moi, mais nos comportements eux resteront identiques.
Par lhentz - Communauté : VUES DE GAUCHE
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